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Danse au Fil d’Avril > Sur quel pied danser

Sur quel pied danser Nous sommes réunis autour de sillons de lumière qui relèvent de l’imaginaire pour créer un effet de réel, pour donner une image du monde. Nous nous mobilisons pour que chaque être puisse avoir droit à la danse comme il a droit à l’alphabet, pour reprendre le joli mot d’André Malraux, en 1966. Nous ne pouvons que nous réjouir qu’avec une telle initiative se réduise le grand écart entre les formes de l’art et leur discrète réception de la part de la plus grande partie de la population. Pour contribuer à fissurer l’indifférence. La tâche n’est pas aisée, nous le savons, mais nous savons que les marmites commencent toujours à bouillir par le fond, jamais par le couvercle. Rassemblons ensemble des branches pour le feu sous la marmite, car la confiance faite à l’homme doit illuminer nos lendemains. Tout paradis, nous enseigne André Breton, n’est pas perdu. Au moment où les codes-barres règnent pratiquement en maîtres, où les logiciels décortiquent à satiété la moindre parcelle d’activité humaine, où tout se réglemente, il n’est pas de bon ton de banaliser l’insolite, l’inattendu ou l’improbable. Les yeux-éponge des artistes, à contre-courant, fort heureusement, nous invitent à tutoyer le silence, à gagner des territoires, à discerner ce qu’on ne voit pas mais que l’on ressent au plus profond de soi. A l’image de cet empereur chinois qui exigeait du peintre qu’il efface la cascade qui ornait le mur de son palais parce que le bruit l’empêchait de dormir. Sans nous rendre insomniaques, les danseuses, les danseurs, les chorégraphes sont des phares, pas nécessairement pour nous éclairer, mais pour nous permettre de nous repérer dans des situations complexes. La parole, en effet, n’est pas la seule voie pour exprimer ce qu’on a sur le cœur, pour peupler nos jardins secrets de paradis terrestres et pour nous émerveiller devant l’envolée d’une coccinelle qui n’hésite jamais à prendre de la hauteur. Ces artistes nous rendent attentifs à la moindre écharde du ciel ; par tous les temps, ils permettent à la lumière de se frayer des chemins pour mieux faire affleurer la transparence du monde. Nous souhaitons à ces inventeurs d’horizons de poursuivre avec bonheur leur partition en cultivant l’inaccoutumance ; ne nous invitent-ils pas à manger des raisins verts à la barbe du renard dédaigneux et à prêter l’oreille au clapotis de la source entre les rochers ? Comme on fait son rêve, écrit Victor Hugo, on fait sa vie. Gilbert Auzias – Mercredi 2 Mars 2016 Lux Valence – Présentation publique de Danse au Fil d’Avril

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